peache site/blog le 20-03-2012 à 22:39:09 |
Une loi a été promulguée ( Loi Léonetti du 22 avril 2005 ), qui s'est bien gardée de prendre position, car le problème est toujours là, terrible.
Donner la mort est toujours interdit.
Laisser souffrir aussi.
Le texte du serment attribué à Hippocrate ( 420-370 av JC ) ordonne aux médecins de soulager la souffrance et leur interdit de donner du poison à quiconque. Cette dernière interdiction était née de la tendance qu'avaient les "grands "de cette époque à se procurer, auprès des hommes de l'art les ingrédients leur permettant d'éliminer définitivement les obstacles qu'ils rencontraient.
En 1996, le professeur Bernard Hoerni ( né en 1940, sommité médicale s'il en est, mais bien moins important qu'Alain Delon, puisqu'il ne figure pas dans le Larousse ) a actualisé ce serment, et, entre autres, il utilise la formule suivante, que pour ma part je trouve assez paradoxale, voire antinomique :
" Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. "
Dans la bible; il est dit qu'on peut pêcher par action ou par omission. Ce qui revient à dire que commettre une chose interdite est un péché, ne pas faire quelque chose d'utile est aussi un péché.
Le médecin s'engage donc à ne pas prolonger abusivement les agonies, ce qui ne peut que signifier qu'il cesse de maintenir le malade en vie, puisqu'il n'a pas le droit de donner volontairement la mort.
Or, s'il cesse sciemment les soins, il tue. Et il le sait, évidemment.
Il peut donc continuer à administrer au patient des produits lui évitant de souffrir. Mais alors il participe à la prolongation de l'agonie.
A partir de quel moment y a-t-il prolongation abusive ? Qui peut s'arroger le droit d'en décider?
La loi qui, prudemment, voire pusillanimement, comme à l'accoutumée, ne s'engage pas, est finalement aussi utile qu'un cautère sur une jambe de bois. On interdit un acte et on encourage une abstention dont on sait pertinemment que le résultat aura le même effet que l'acte interdit.
Ces terminologies bibliques, légales ou médicales suent l'hypocrisie, et donnent aux citoyens de base, potentiels acteurs passifs ( on dit bien fumeurs passifs..), un sentiment d'incompréhension, de malaise et, chacun étant susceptible de se trouver dans cette situation, d'inquiétude.
Chacun réclame le droit de mourir dans la dignité. En fait chacun, sachant qu'il doit regagner un jour le territoire des chasses éternelles, espère que le passage se fera dans les meilleures conditions possibles, et, surtout, sans trop de souffrance.
Presque chaque jour des médecins, des soignants "aident" un patient à quitter cette vallée de larmes. Quelques-uns sont poursuivis, parce que dénoncés. Ils affirment tous n'avoir agi que sur la demande du malade, pour lui éviter des souffrances inutiles, et l'aider à mourir en dignement et en paix.
Et ils ont bonne conscience, certains d'avoir fait pour le mieux.
Il y a des excès, naturellement. C'est aussi inévitable que la pluie, quelle que soit la loi, quel que soit le serment.
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thomas4284 site/blog le 20-03-2012 à 10:35:54 |
Je vois que peu de personne osent s'exprimer... Pourtant ce sujet est extrêmement préoccupant.
Je commence par dire que je suis pour (mon épouse aussi). Pourquoi ?
Ceux qui sont contre (on peut faire un copier-collé à propos de la peine de mort) n'ont jamais été confrontés au délabrement d'un de leurs proches, à cette lente agonie dans la douleur, prolongée par des "soins" qui servent à expérimenter de nouvelles molécules sous couvert d'amélioration d'une fin que l'on sait inéluctable.
Les Belges, les Suisses pour ne citer qu'eux, sont-ils des êtres sans cœur, barbares, cruels ? Pas plus que les autres d'après ce que l'on sait. Pourtant, ils la pratiquent car plutôt que de rester à regarder celui ou celle que l'on aime (prétend-on) souffrir et se détruire, eux manifestent leur amour le plus absolu et le plus grand RESPECT envers la personne qui n'a d'autre issue que cette mort attendue. Il serait temps de sortir de cette mentalité étriquée qui empêche de combattre des dérives qui, comme pour les charlatans de tout poil, sont mises en avant pour nous coincer un peu plus chaque jour dans le carcan de la législation politique.
Heureusement, quelques soignants (je dis bien soignants) ont une vision plus claire et aident les familles à passer un cap chaque jour un peu plus douloureux. Mais cette manifestation d'humanisme (sauf pour quelques rares cas montrés vite mis au pilori), reste dans le secret de la chambre d'hôpital.
Et c'est bien dommage que l’État se mêle de tout ce qui est du domaine de l'intimité la plus stricte, alors qu'il serait meilleur qu'un contrôle puisse s'exercer (le garde-fou) tout en prenant en meilleure considération (par un comité de VRAIS sages au besoin) du patient sur son lit de douleur.
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Commentaires
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le 20-03-2012 à 22:39:09
Donner la mort est toujours interdit.
Laisser souffrir aussi.
Le texte du serment attribué à Hippocrate ( 420-370 av JC ) ordonne aux médecins de soulager la souffrance et leur interdit de donner du poison à quiconque. Cette dernière interdiction était née de la tendance qu'avaient les "grands "de cette époque à se procurer, auprès des hommes de l'art les ingrédients leur permettant d'éliminer définitivement les obstacles qu'ils rencontraient.
En 1996, le professeur Bernard Hoerni ( né en 1940, sommité médicale s'il en est, mais bien moins important qu'Alain Delon, puisqu'il ne figure pas dans le Larousse ) a actualisé ce serment, et, entre autres, il utilise la formule suivante, que pour ma part je trouve assez paradoxale, voire antinomique :
" Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. "
Dans la bible; il est dit qu'on peut pêcher par action ou par omission. Ce qui revient à dire que commettre une chose interdite est un péché, ne pas faire quelque chose d'utile est aussi un péché.
Le médecin s'engage donc à ne pas prolonger abusivement les agonies, ce qui ne peut que signifier qu'il cesse de maintenir le malade en vie, puisqu'il n'a pas le droit de donner volontairement la mort.
Or, s'il cesse sciemment les soins, il tue. Et il le sait, évidemment.
Il peut donc continuer à administrer au patient des produits lui évitant de souffrir. Mais alors il participe à la prolongation de l'agonie.
A partir de quel moment y a-t-il prolongation abusive ? Qui peut s'arroger le droit d'en décider?
La loi qui, prudemment, voire pusillanimement, comme à l'accoutumée, ne s'engage pas, est finalement aussi utile qu'un cautère sur une jambe de bois. On interdit un acte et on encourage une abstention dont on sait pertinemment que le résultat aura le même effet que l'acte interdit.
Ces terminologies bibliques, légales ou médicales suent l'hypocrisie, et donnent aux citoyens de base, potentiels acteurs passifs ( on dit bien fumeurs passifs..), un sentiment d'incompréhension, de malaise et, chacun étant susceptible de se trouver dans cette situation, d'inquiétude.
Chacun réclame le droit de mourir dans la dignité. En fait chacun, sachant qu'il doit regagner un jour le territoire des chasses éternelles, espère que le passage se fera dans les meilleures conditions possibles, et, surtout, sans trop de souffrance.
Presque chaque jour des médecins, des soignants "aident" un patient à quitter cette vallée de larmes. Quelques-uns sont poursuivis, parce que dénoncés. Ils affirment tous n'avoir agi que sur la demande du malade, pour lui éviter des souffrances inutiles, et l'aider à mourir en dignement et en paix.
Et ils ont bonne conscience, certains d'avoir fait pour le mieux.
Il y a des excès, naturellement. C'est aussi inévitable que la pluie, quelle que soit la loi, quel que soit le serment.
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le 20-03-2012 à 10:35:54
Je commence par dire que je suis pour (mon épouse aussi). Pourquoi ?
Ceux qui sont contre (on peut faire un copier-collé à propos de la peine de mort) n'ont jamais été confrontés au délabrement d'un de leurs proches, à cette lente agonie dans la douleur, prolongée par des "soins" qui servent à expérimenter de nouvelles molécules sous couvert d'amélioration d'une fin que l'on sait inéluctable.
Les Belges, les Suisses pour ne citer qu'eux, sont-ils des êtres sans cœur, barbares, cruels ? Pas plus que les autres d'après ce que l'on sait. Pourtant, ils la pratiquent car plutôt que de rester à regarder celui ou celle que l'on aime (prétend-on) souffrir et se détruire, eux manifestent leur amour le plus absolu et le plus grand RESPECT envers la personne qui n'a d'autre issue que cette mort attendue. Il serait temps de sortir de cette mentalité étriquée qui empêche de combattre des dérives qui, comme pour les charlatans de tout poil, sont mises en avant pour nous coincer un peu plus chaque jour dans le carcan de la législation politique.
Heureusement, quelques soignants (je dis bien soignants) ont une vision plus claire et aident les familles à passer un cap chaque jour un peu plus douloureux. Mais cette manifestation d'humanisme (sauf pour quelques rares cas montrés vite mis au pilori), reste dans le secret de la chambre d'hôpital.
Et c'est bien dommage que l’État se mêle de tout ce qui est du domaine de l'intimité la plus stricte, alors qu'il serait meilleur qu'un contrôle puisse s'exercer (le garde-fou) tout en prenant en meilleure considération (par un comité de VRAIS sages au besoin) du patient sur son lit de douleur.